Le parcours scolaire d’un enfant HPI

Parmi les questions qui se posent aux parents d’enfants HPI, le parcours scolaire n’est pas des moindres. Au contraire. Trop souvent, personne ne prend vraiment le temps de parler des décisions qu’ils doivent prendre pour la réussite scolaire du petit zèbre.

Quels sont les premiers signes de douance à l’école ?

Bien souvent, les premiers signes apparaissent en maternelle, fréquemment en moyenne section. Un enfant de quatre ans qui s’intéresse à la graphie des lettres et à la numération, qui pose des questions existentielles sur la mort ou qui se préoccupe excessivement de l’équité dans la classe attire immanquablement l’attention des enseignants.

Une période d’interrogations commence alors pour les parents. Au début, on pense que les parents mettent trop de pression sur leur enfant et qu’ils le sollicitent pour en faire artificiellement un génie. Heureusement, les équipes proposent de plus en plus souvent des tests de QI pour en avoir le coeur net. 

Cet article sur enfantsprecoces.info parle des différents tests selon l’âge. On peut détecter le haut potentiel à partir de deux ans et demi. Mais il faut être prévenu que l’entrée dans la lecture et l’écriture modifie l’environnement cognitif. Un test peut donc être à nouveau nécessaire en milieu d’école élémentaire (CE1-CE2).

Un enfant HPI peut-il suivre un parcours scolaire comme les autres ?

La réponse est oui, mais. Il y a principalement deux possibilités à cela. Premièrement, l’enfant s’adapte à l’extrême pour correspondre aux attentes du système éducatif. C’est très souvent le cas pour les filles. Vous pouvez lire mon article sur ce phénomène qui explique le faible détection des filles HPI. 

Cette situation peut provoquer des baisses de motivation voire des révoltes soudaines contre l’école. C’est souvent le cas en fin de collège. L’orientation scolaire se révèle décevante pour l’élève. Non seulement, les filles ont une tendance à l’auto-censure dans leur ambition mais l’école leur réclame des résultats plus élevés qu’aux garçons pour obtenir leurs voeux d’orientation. 

L’autre possibilité, c’est l’enfant qui se satisfait de résultats dans la moyenne sans fournir beaucoup d’efforts. C’est plus souvent le cas des garçons. Mais, par expérience, je sais cette situation a deux conséquences. La scolarité peut se dérouler sans difficulté particulière. Cependant, on parlera alors de sous-rendement (ou sous-réalisation) scolaire. De là peut découler une orientation compliquée ou un sentiment de frustration chez l’adolescent. 

Un problème pourrait également se poser lorsqu’on lui réclamera un niveau d’investissement plus grand. C’est souvent en classe de 4ème que cela arrive. Il vit alors une période de découragement qu’il est nécessaire d’enrayer au risque de faire face à un décrochage scolaire assez rapidement. 

Faut-il envisager des adaptations de scolarité pour un enfant HPI ?

Absolument ! De manière systématique, même. J’évoque toutes les possibilités d’adaptation dans cet article.

Si vous ne deviez retenir qu’une idée, c’est celle-ci : l’ennui d’un enfant HPI est mortel pour sa motivation, pour le respect de l’école et, même, pour son équilibre psychique. Il faut impérativement se poser la question durant sa scolarité.

Soyons réalistes, à l’heure où j’écris ces lignes, la bataille de l’adaptation scolaire pour les enfants à haut potentiel est à peine entamée. Le chemin est encore très long vers une banalisation de la question. Il y a deux raisons à cela en France. Tout d’abord, la devise nationale contient un principe d’égalité qui, à mes yeux, subit une dérive néfaste dans le système scolaire. Je ne remets absolument pas en question ce principe dans mon pays. Mais il a provoqué une normalisation de l’enseignement qui ralentit grandement les adaptations scolaires : tous les enfants sont égaux, ils reçoivent donc tous le même enseignement. Absurde.

En outre, la question de la douance en France n’a trouvé écho dans l’intérêt de la société qu’à partir du moment où elle a été traitée sur le versant du trouble et de la souffrance. Dans l’imaginaire collectif, un enfant qu’on appelle encore maintenant “surdoué” n’a aucun trouble, au contraire. Donc, puisqu’il est si doué et qu’il sait s’adapter, ce n’est pas à l’école de se plier à ses attentes.

Doit-on se résoudre à une scolarité hors norme ?

Le principe même du haut potentiel est d’être en dehors de la norme puisqu’il se situe en dehors de la moyenne de son environnement. Que ce soit dans les tests de QI, dans le fonctionnement cognitif ou dans les perceptions.

Je le dis donc avec diplomatie mais avec conviction aux parents que j’accompagne : si vous souhaitez être concerné par son bien-être scolaire, votre enfant ne fera pas une scolarité traditionnelle. C’est même une bonne chose.

Bien entendu, cela implique de changer son référentiel à bien des égards. Il ou elle aura probablement un ou deux ans d’avance sur ses camarades de classe, ce qui provoquera immanquablement des situations inhabituelles. Il ou elle aura probablement un cercle d’ami très restreint au sein duquel les sujets seront sans doute plus matures que ceux de la cour de récréation.

Augmenter le niveau d’intelligence collective.

Quand je travaillais encore au sein de l’Education Nationale, j’avais principalement à gérer le redoublement des élèves. Je n’y étais pas favorable, encore moins pour les HPI. Ces dernières années, la question de l’adaptation scolaire des enfants à haut potentiel et, avec elle, l’hypothèse des sauts de classe est devenue progressivement plus fréquente.

Ce que je garde de mes longues heures de discussions avec les parents et avec les rares professionnels de mes établissements qui comprenaient l’enjeu, c’est le vide colossal d’information. Cela explique pourquoi l’un de mes objectifs professionnels actuels est l’élaboration d’une intelligence collective.

La recherche est en route. Les études scientifiques, les analyses sociologiques et les articles d’explication sont de plus en plus nombreux. Mais la clef, c’est nous. Nous devons accueillir ce nouveau savoir sur les profils atypiques avec beaucoup d’intérêt. Pour les parents, c’est le bien-être des enfants qui en dépend, à l’école comme à la maison.

  enfant HPI : envisager le saut de classe ? >>

 

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